L’embarras des vocations : la communauté bénédictine de SilverStream. Partie I

moines de silverstream

[Article du Regina Magazine, traduit avec permission.  Nous avons divisé l’entrevue en trois parties. La première partie se concentre sur la fondation et l’orientation de la communauté.]

Dom Mark Kirby, 62 ans, est né et a grandi au Connecticut. Aujourd’hui, il est le Père prieur d’un monastère bénédictin récemment fondé à Stamullen en Irlande. Le monastère de Notre-Dame du Cénacle a un problème fantastique de vocations : ils ont trop de jeunes moines (en plus des jeunes hommes intéressés) pour leurs maigres moyens. Voici leur histoire :

Q. Dom Kirby, dites-nous comment a commencé le prieuré de SilverStream?

Le germe du prieuré de Silverstream fut semé dans mon cœur en 2004-2005. Ayant été profondément touché par la lettre apostolique Mane nobiscum Domine de saint Jean Paul II, je résolus de vivre le mystère du Très Saint-Sacrement et de prêcher ce mystère tous les jours durant cette année là.

Q. Dites-nous comment Notre Seigneur vous a-t-il appelé à cette vocation à l’intérieur d’une vocation?

Je compris alors que Notre Seigneur m’appellait à une «vocation à l’intérieur d’une vocation»; non seulement la poursuite de la vie bénédictine traditionnelle, mais aussi l’adoration du Très Saint-Sacrement et ce dans un esprit de réparation et d’intercession pour la sanctification des prêtres. Un indult du Saint-Siège me dispensa de mes obligations envers l’abbaye où je fis ma profession et me permis de renouveler mes vœux, selon la Règle de saint Benoît, aux mains de Son Excellence, Mgr Edward J. Slattery de Tulsa [ndlr : Oklahoma, É.-U.].

Une série de circonstances providentielles mena notre communauté embryonnaire de Tulsa au comté de Meath en Irlande, là où nous trouvâmes notre propriété et nos bâtiments.

Q . Comment avez-vous trouvé votre prieuré dans le comté de Meath?

Nous avons fait une neuvaine à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face et nous avons prié le bienheureux Columba Marmion. En arrivant à SilverStream, je découvris, accroché au-dessus du placard penderie, un document en latin attestant de la dédicace de la petite église et de son autel à sainte Thérèse.

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

Le 19 octobre 2011, je rencontrai Son Excellence, Mgr Michael Smith, évêque de Meath et lui dévoila notre projet. Il nous accueilla gracieusement dans le diocèse de Meath. Ainsi, avec la bénédiction paternelle de Mgr Slattery, Dom Benedict Andersen et moi-même partîmes pour l’Île des Saints et des Érudits [ndlr : expression anglaise pour désigner l’Irlande : «Isle of Saints and Scholars»] pour y implanter la vie bénédictine traditionnelle à SilverStream, une vie dévouée aux formes traditionnelles de la Sainte Liturgie célébrée en latin et avec du chant grégorien.

Q. Quelle est l’orientation particulière de votre communauté bénédictine?

Comme tous les moines bénédictins, nous ouvrons les Saintes Écritures quotidiennement lors de la lectio divina pour découvrir, brillant à chaque page, le visage adorable du Christ. Cet accent particulier sur la contenance radieuse de Jésus, à la fois révélée et dissimulée dans l’Eucharistie, est ancré dans l’expression inventée par saint Jean Paul II dans l’encyclique Ecclesia de Eucharistia, dans laquelle il enjoignit les fidèles à passer du temps devant «la face eucharistique du Christ». Après les Écritures, comme tous les bénédictins, nous nous référons aux Pères du désert, et aux anciennes traditions monastiques orientales et occidentales.

Q. Avez-vous été influencé par l’exemple et les écrits de quelqu’un d’autre que saint Benoît?

Nous prenons à cœur les enseignements de Mère Mectilde du Saint-Sacrement (Catherine de Bar, 1614-1698) à propos de l’adoration du Très Saint-Sacrement dans un esprit de réparation. Mère Mectilde est considérée comme la «Thérèse d’Avila» de l’Ordre bénédictin. Le Père abbé italien Celestino Maria Colombo, osb (1874-1935) croyait passionnément en ce charisme mectildien et espérait le voir fleurir chez les moines de l’Ordre. Nous accordons aussi une place privilégiée aux écrits du bénédictin le plus illustre d’Irlande, le bienheureux Columba Marmion.

[Les deuxième et troisième parties se concentrent respectivement sur la vie au monastère Notre-Dame du Cénacle et son heureux «problème» de vocations ainsi que de la grande communauté du monastère (les oblats notamment).]

 

 

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