Selon la Commission théologique internationale: «Vatican II a été une nouvelle Pentecôte»

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Cette nouvelle a été relayée en premier par Rorate CaeliEn effet, la Commission théologique internationale a publié un document sur le sensus fidei des fidèles au sein de l’Église. Le président de la Commission, le cardinal Gerhard Ludwig Müller, aussi préfet de la Congrégation pour la Foi, a autorisé sa publication.

Dans son document, la Commission explore le rôle du sensus fidei des fidèles dans l’Église, sa conception théologique ainsi que son «plein» avènement avec Vatican II. Au paragraphe 127, la Commission continue à perpétuer ce leitmotiv des années post-conciliaires comme s’il allait se réaliser en affirmant que «Vatican II a été une nouvelle Pentecôte».

Aucune personne avec un tant soit peu d’honnêteté intellectuelle et d’observation ne peut tenir une telle position. Les nombres absolus le confirment: les Jésuites ont moitié moins de religieux que dans les années 50, la même chose voire pire pour les Salésiens et les Capucins, le saignement continue avec tous les autres ordres, la saignée étant par contre moins grave pour les Bénédictins. Le nombre de conversion a chuté dramatiquement en Occident, si bien qu’il est anecdotique comparé aux niveaux des années 50. L’hémisphère sud n’est pas à l’abri du déclin alors que l’Amérique latine se «protestantise» surtout vers les pentecôtistes. Il y a certes quelques victoires mêmes chez des ordres religieux issus de l’aggiornamento, mais cela équivaut à éteindre une maison en feu avec un seau. Si l’un n’est toujours pas convaincu, jetez un coup d’œil au sensus fidei de la majorité des catholiques. Peu vivent la foi et la morale catholiques et peu la connaissent.

Portrait un peu assombris de ce nouveau printemps de l’Église, oui; mais, il y a de l’espoir. À titre d’exemple, le catholicisme québécois (à l’époque bas-canadien, pardonnez l’anachronisme) était dans une situation très grave; manque de prêtre, montée du prosélytisme protestant, fléchissement de la catéchèse, peu de recrue au sein des ordres religieux. Mais en une vingtaine d’années, la situation s’est retournée (pour diverses raisons) et nous pouvons dire que le catholicisme québécois connu alors son âge d’or entre 1845 et 1950.

Nous reproduisons ici le paragraphe 127, mais vous pouvez consulter le document en entier et en français ici. Lire la suite

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Quel sera l’état de l’Église après le pape François?

 

 

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[Par M. l’abbé Pio Pace pour Rorate Caeli. Nous présentons ici la version française; l’original peut être trouvé sur le site de Rorate Caeli ici.]

L’accession de François au trône de saint Pierre a-t-elle vraiment changé les choses en profondeur? A l’examen, il apparaît que ce pontificat est beaucoup moins novateur qu’on ne l’a cru lorsqu’il a commencé.

Pontificat moins novateur qu’on ne l’a cru

Les « gestes » multiples (ne plus habiter les appartements pontificaux, simplicité affichée), s’avèrent sans grande conséquence sur l’institution papale. Quant aux déclarations surprenantes au moyen de petites phrases sur des sujets médiatiquement sensibles, elles ne semblent pas avoir été suivies d’effets institutionnels ou magistériels. Dans le domaine crucial des nominations épiscopales et cardinalices, il en est de très bonnes, il en est de très fâcheuses, tout comme sous le pontificat précédent; la tendance générale des épiscopats continuant à se fixer sur une ligne généralement modérée.

La fameuse réforme de la Curie apparaîtra nécessairement comme très décevante à ceux qui imaginaient un chambardement de type Vatican II: elle se réduira à la fusion d’un certain nombre de dicastères, à la création de quelques autres, avec une affirmation de collégialité, mais sur fond de personnalisation du pouvoir comme jamais. Comme le remarque Sandro Magister, dans son blogue Chiesa, malgré les attaques virulentes contre la Curie et contre son personnel à l’époque du dernier conclave, les principaux chefs de dicastères sont assurés de rester en place. En fait, l’Eglise n’a plus la capacité, ni les réserves humaines, pour opérer un bouleversement semblable à celui du Concile. Lire la suite

La réforme liturgique qui aurait due se concrétiser

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[Par M. Patrick Archbold]

Il est facile de regarder Sacrosanctum concilium, le document de Vatican II sur la liturgie, et de regarder la messe que nous avons maintenant et de finalement s’apercevoir que quelque chose s’est perdu en cours de route. Nous voyons des gens critiquer les abus liturgiques et démontrer les défauts flagrants de la liturgique moderne. J’imagine que cela est approprié et nécessaire. Il n’est pas rare aussi d’entendre que la messe promulguée en 1969 et certainement ce qu’elle est devenue par la suite n’est pas ce que les Pères conciliaires avaient envisagé et n’est ni le type de réforme demandée par les documents de Vatican II.

J’ai une grande affection pour la forme extraordinaire du rite romain. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, on a qu’à assister à quelques messes basses selon le rite ancien pour comprendre comment est né le mouvement liturgique et on a qu’à assister à une messe solennelle pour comprendre que l’on a jeté le bébé avec l’eau du bain. Lire la suite

Mgr Rodriguez Carballo: «La fidélité au Concile est non-négociable»

Le pape François et Mgr Carballo

Le pape François et Mgr Carballo

(Barcelone/Rome) Est-ce que la Congrégation pour les Religieux souffre d’une mauvaise perception de la Tradition? Cette question est restée en suspend en fin de semaine dernière. Le frère franciscain José Rodriguez Carballo, qui est secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique depuis un an, a participé à une conférence des Religieux de Catalogne. Dans son allocution donnée samedi dernier, sans jamais mentionner l’Ordre directement, il a donné un premier indice officiel quant à la raison derrière la réprimande de la Congrégation pour les Religieux contre les Franciscains de l’Immaculée. La raison est grave et de nature fondamentale.  Lire la suite

Dom Mark Kirby à propos de Jean XXIII sur l’office divin traditionnel

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[Par M. Peter Kwasniewski]

En compagnie, sans aucun doute, de plusieurs lecteurs de NLM [ndlr, le blogue New Liturgical Movement], je déniche souvent une nourriture spirituelle et intellectuelle très profonde en lisant le blogue Vultus Christi [en anglais], tenu par le prieur de Silverstream, Dom Mark Kirby, OSB. Il y a de cela quelques jours, le Père prieur a publié un article splendide intitulé: «Saint Jean XXIII: l’office divin et le Concile» qui en plus de nous offrir les réflexions de l’auteur nous présente aussi le texte intégral de l’exhortation apostolique Sacrae Laudis de 1962 écrite par le pape Jean. À la lecture de ce document, nous pouvons clairement voir avec quelle âpreté le pape Jean fut trahi, de quelle manière impitoyable sa piété et doctrine furent bafouées et comment la tâche de reconstruction nous incombe si nous souhaitons nous reconnecter avec la tradition vivante du culte de nos ancêtres.

Voici alors quelques réflexions de Dom Kirby: Lire la suite

Comment les néo-catholiques gagnent un débat

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[Par Modestinus]

Par le passé, j’ai parodié comment les libertariens gagnaient un débat. Cette fois-ci, je crois que j’ai mis le doigt sur comment les néo-catholiques [ndlr: ou néo-conservateurs dans l’Église], hum, «gagnent» un débat. Lire la suite

Sur le traditionalisme radical

[Par M. Patrick Archbold]*

Quand nous décidons si le clair désir pour un enseignement et une praxis catholiques traditionnels et authentiques, et une vigilance à leur endroit, est radical nous devons considérer la question plus en profondeur et non rester en surface.

Quand des évêques négligent de protéger la doctrine catholique – et souvent ils échouent – nous devons sentir la douleur d’un tel échec et nous devons accompagner ceux qui ont été négligés dans leur bon droit et leur patrimoine et non pas les condamner. Ce n’est pas assez que de condamner les réactions excessives et l’hyper-vigilance, nous devons leur montrer de la charité. Nous devons admettre que nous, l’Église, les avons souvent négligés. Nous avons à maintes reprises négligé de leur accorder leurs droits et nous avons, de diverses manières, négligé d’être généreux à leur égard. Lire la suite