Y a-t-il quelque chose de nouveau à dire sur Vatican II? OUI!! Partie II

La Ostpolitik en action, Paul VI rencontrant des dignitaires soviétiques

La Ostpolitik en action, Paul VI rencontrant des dignitaires soviétiques

[Par M. l’abbé John Hunwicke]

Mais au cours d’un Concile dont le Pontife qui l’avait convoqué pensait qu’il serait terminé pour Noël, Notre-Dame Médiatrice de toutes les grâces disparut rapidement de l’agenda. Encore plus étrange est la question du chien qui aboya dans la nuit (mais, Holmes, le chien n’aboya pas dans la nuit! Exactement Watson.). Le concile de Vatican II était supposé être un concile sur le monde d’aujourd’hui et sur les problèmes de son époque. Et il ne fait aucun doute qu’étant au cœur de la Guerre froide, lors de cette décennie de la crise des missiles cubains qui faillit précipiter un nouvel holocauste, le communisme, une idéologie affirmant être la fin de toutes les religions, était la grande question du jour. Les conciles précédents avaient condamné les erreurs de leurs époques, alors que Vatican II ne mentionna même pas le communisme que ce soit en termes pratiques ou en répondant à ses erreurs. Ceci ne se produisit pas sans que des Pères conciliaires eurent tentés de soulever la question dans l’aula; certains Pères ayant eux-mêmes souffert physiquement aux mains des oppresseurs (les chrétiens pré-constantiniens les appelaient confessores) adressèrent leurs Vénérables Frères avec émotion…Mattei en offrent de bons passages. De ces initiatives, chacune d’entre elles disparut mystérieusement. Lire la suite

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Paul VI: un pape de contradictions

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[Par M. Peter Kwasniewski]

Il y a cinquante ans, la Constitution sur la liturgie sacrée, Sacrosanctum Concilium, de Vatican II, était promulguée par le Pape Paul VI et la presque totalité des Pères de l’assemblée conciliaire. Ayant considéré le flagrant décalage entre ce que la Constitution dit et ce qui est devenu son héritage, on ne peut s’empêcher de tourner nos réflexions vers lui, le Pape qui, d’une part, insista contre les innovateurs pour retenir le vénérable canon romain dans le rite latin, et d’autre part approuva la plus radicale reconstruction liturgique que l’Église ait connue.

Il ne fait aucun doute que Paul VI est une figure complexe et difficile. C’est une chose que de pratiquer la vertu et souffrir du rejet et de l’opprobre, comme l’a fait Notre Seigneur Jésus-Christ, l’ultime «signe de contradiction», et son vicaire, Paul VI, l’a, en certaines occasions, fait aussi. Humanae Vitae est l’exemple le plus éclatant même si les enseignement de cette encyclique furent rejetés par la vaste majorité de catholiques selon les sondages. Par contre, c’est une autre chose que d’avoir entrepris une démarche révolutionnaire qui a mené, par un effet d’avalanche, à la confusion, au désarroi, à l’abus, à l’amnésie, à la rupture et à l’infidélité. Lui-même ne souhaitait pas de tels effets et malgré tout ils se matérialisèrent et en abondance, occasionnés et même soutenus par certaines de ses actions. Lire la suite

Béatification prochaine de Paul VI?

S.S. Paul VI

S.S. Paul VI

Un miracle attribué à l’intercession de Paul VI a été reconnu par les théologiens consulteurs de la Congrégation pour la cause des Saints comme rapporté par Vatican Insider. Il s’agirait de la naissance d’un enfant sain dans les années 90 qui avait été diagnostiqué par les médecins comme ayant un sérieux problème de santé, si grave que l’on avait conseillé à la mère la voie de l’avortement. Celle-ci refusa et demanda l’intercession de Paul VI. L’enfant naquit sain et reste jusqu’à ce jour en pleine santé. La prochaine étape serait l’approbation des évêques et cardinaux du dicastère et du Pape François menant à la béatification de Paul VI.

Des doutes furent soulevés quant à ce soi-disant miracle notamment au journal catholique traditionnel The Remnant. Deux de ces doutes nous apparaissent justifiés: l’incertitude du diagnostique médical du fœtus et l’assurance que la guérison soit attribuable, au-delà de tous doutes, à Paul VI.  Lire la suite

Réformer l’irréformable?

La forme séculaire de la Messe

La forme séculaire de la Messe

[Par M. l’abbé Thomas Kocik]

Cela pourrait être une preuve de la patience exemplaire de la part de l’éditeur de NLM, Jeffrey Tucker, que je sois toujours compté parmi les contributeurs de ce blogue [NDLR: New Liturgical Movement]. Plus de deux ans ont passés depuis que j’ai publié quelque chose sur la «réforme de la réforme». Bien que je me considère comme un auteur capable, je ne suis pas un écrivain très rapide et les demandes du ministère en paroisse ne facilitent pas non plus l’écriture de mes ruminations liturgiques pour ceux qui s’y intéressent. Mais cela n’explique qu’en partie le hiatus.

J’ai l’impression que tout ce qui peut être dit en termes généraux à propos de cette «réforme de la réforme», son origine, ses objectifs, sa portée et méthodologie, les divers propositions avancées dans son intérêt (si ce n’est pas en son nom), ses partisans et ses critiques, ait déjà pas mal été énoncé. Même si le mouvement est difficile à cerner (est-il semblable à ce «nouveau mouvement liturgique» ou bien est-il seulement qu’une étape?), ces objectifs furent bien résumés il y a quelques années par le prélat ceylanais qui affirma que le temps était venu «d’identifier et de corriger les orientations et décisions erronées qui furent prises, apprécier avec courage la tradition liturgique du passé et s’assurer que l’Église puisse redécouvrir les vrais racines de sa richesse et grandeur spirituelles même si cela signifie qu’il faille réformer la réforme elle-même…»

Bien avant que Joseph Ratzinger ne devienne le Pape Benoît XVI, il évaluait d’un œil critique la réforme de la liturgie suite à Vatican II, identifiant les aspects de la réforme qui ne trouvaient que peu ou pas de justification dans la constitution liturgique du Concile, Sacrosanctum Concilium (SC) et qui minait le vrai esprit de la liturgie. Comme Pape, il était de son pouvoir de trouver un remède à ces déficiences – «les orientations et décisions erronées» – de la réforme à l’échelle universelle non seulement par ses enseignements et son exemple liturgique personnel, mais aussi en légiférant. Il accentua la beauté de la liturgie, promut les trésors liturgiques et musicaux de l’Église occidentale (incluant bien sûr l’usus antiquior du rite romain) et introduisit une continuité plus tangible avec la tradition dans le cadre des célébrations papales (e.g. «l’arrangement bénédictin» de l’autel, offrir la messe ad orientem dans la chapelle Sixtine et dans d’autres chapelles, administrer la Sainte Communion aux fidèles sur leurs langues et à genoux). Son successeur, le Pape François, est un homme différent avec une personnalité et un style différents et ses priorités sont clairement orientées vers d’autres aspects de la vie de l’Église. Je ne retiens pas mon souffle en anticipant de futurs progrès officiels selon les orientations de Benoît XVI, qui a bien mérité ce titre dont il fut affublé, celui de «père du nouveau mouvement liturgique».

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