Le diocèse de Chicoutimi réagit à l’annonce d’une messe traditionnelle célébrée par la FSSPX

Mgr André Rivest, évêque de Chicoutimi

Mgr André Rivest, évêque de Chicoutimi

Mgr André Rivest, évêque du diocèse de Chicoutimi, au Québec, a réagi à l’annonce de la célébration d’une messe traditionnelle par un prêtre de la FSSPX dans le territoire de son Diocèse. Mgr Rivest rappelle dans son communiqué des faits selon un arrangement qui se veut désapprobateur.

L’évêque de Chicoutimi souhaite mettre en lumière sa désapprobation de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX) qu’il qualifie comme étant en état de «schisme sacramentel» et comme n’étant «pas en communion avec l’Église catholique». Ces qualifications sont absurdes ne serait-ce de part les égards que Rome a eus envers la FSSPX, la célébration de la messe traditionnelle en des lieux spirituels importants par des prêtres de la FSSPX (sanctuaire de Lourdes, National Shrine aux États-Unis, la basilique Saint-Pierre de Rome), etc. Nous ne réfuterons pas ici les allégations de schisme, allégations qui ont été réfutées par d’autres ici et ici.

Néanmoins, ce que l’évêque de Chicoutimi ne mentionne pas c’est sa tiédeur à appliquer avec générosité le motu proprio Summorum pontificum de 2007 libéralisant la messe traditionnelle. Mgr Rivest s’est opposé à une pétition demandant la célébration du rite ancien. Il plaça ainsi les fidèles attachés au rite ancien dans une position pastorale injuste et difficile. Son orientation de fermeture envers l’ancienne messe est clairement contraire à la volonté du Saint-Père de rejoindre les «périphéries».

Voici la communication du Diocèse en son entièreté:

Mercredi, 28 janvier 2015

Chicoutimi, le 28 janvier 2015

À la suite d’un courriel largement distribué le 13 janvier dernier au sujet de la messe traditionnelle de Saint Pie V et de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, il m’apparaît de ma responsabilité, comme évêque du diocèse de Chicoutimi, de vous partager les informations suivantes :

• Le groupe Tradition Saguenay, qui annonce une célébration de la messe pour le 15 février dans un lieu non déterminé, est en lien avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Or, il faut rappeler que cette Fraternité, fondée par Mgr Lefebvre en 1970, et érigée canoniquement comme « Pieuse union » pour une durée de trois ans ad experimentum, a perdu sa reconnaissance officielle le 6 mai 1975.

• De plus, le 22 juillet 1976, Mgr Lefebvre a été suspendu a divinis de l’exercice du ministère après avoir ordonné des prêtres sans lettres dimissoriales.

• Rappelons aussi que le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre a procédé à l’ordination de quatre évêques sans l’autorisation du Saint-Siège et a été excommunié par le pape Jean-Paul II le 1er juillet suivant. La Fraternité Saint-Pie X est donc, depuis, en état de schisme sacramentel avec l’Église catholique et, par conséquent, n’est pas en « parfaite communion » ni avec le pape, ni avec l’Église catholique.

• Dans un souci d’unité de l’Église, le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI a publié le Motu Proprio Summorum Pontificum autorisant la célébration, selon certaines conditions très précises de la messe selon la forme extraordinaire du rite romain, c’est-à-dire du rite tridentin. De plus, avec le même objectif, le 21 janvier 2009, le pape Benoît XVI a levé l’excommunication des évêques ordonnés par Mgr Lefebvre. Malgré ces gestes d’ouverture de la part du pape Benoît XVI, il n’y a pas eu de réintégration des évêques ordonnés dans l’Église catholique, car après plusieurs rencontres entre le Saint-Siège et les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X, ces derniers refusent toujours l’autorité du pape et du concile Vatican II.

• Enfin, il faut faire la distinction entre la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, qui est en communion avec l’Église catholique. Cette dernière a été érigée par le pape Jean-Paul II le 2 juillet 1988, à la suite de l’excommunication de Mgr Lefebvre, afin de permettre aux prêtres ordonnés par celui-ci de réintégrer l’Église catholique.

Je trouvais important de vous transmettre ces informations, afin qu’on ne considère pas cette célébration annoncée comme étant autorisée par l’évêque.

† André Rivest
Évêque du diocèse de Chicoutimi

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11 réflexions sur “Le diocèse de Chicoutimi réagit à l’annonce d’une messe traditionnelle célébrée par la FSSPX

  1. C’est de bonne guerre, et bien exprimé, sauf qu’il n’insiste pas assez sur le fait que la raison du refus de 2008 a été complètement réfutée: on prétendait qu’il n’y avait pas de groupe stable, et par la suite les clarifications ont montré que le groupe en question était bel et bien stable, même s’il provenait de différentes paroisses.
    Ensuite, étant donné les circonstances ce n’est pas si important, car la commission Ecclesia Dei a statué que les fidèles qui allaient à la FSSPX pour des raisons strictement de forme liturgique accomplissaient correctement le devoir dominical.

  2. Est-il « absurde » de parler de schisme, alors qu’il n’y a aucune communion visible et un refus d’accepter un concile œcuménique… Vous pouvez ne pas être d’accord, il y a une certaine marge d’interprétation, mais traiter cette affirmation d’absurde témoigne de votre parti pris.

    • Il n’y a pas schisme formel parce que les excommunications ont été levées. Il y a seulement une situation irrégulière avec une communion très poussée bien que incomplète, la communion complète étant avec Pie XII.
      Le credo étant le même, seuls des points secondaires de doctrine manquent à la fsspx, largement compensés par des aspects cruciaux de pasto, qui eux sont purs de toute décadence due à la crise postconciliaire locale (en très très gros et pour caricaturer les excès, le triangle relizion cucu-messe à gogo-génération défroquée, particulièrement des ans 70)

    • Il y a une communion visible, doctrinale sans le moindre doute. Ils professent la même foi, reconnaissent le même Pape, même una cum dit lors de la messe, etc. Nous avons utilisé le mot « absurde » en ce sens que les arguments utilisés sont inexacts et sont brandis comme un épouvantail comme le faisait des évêques des années 70-80.

      Nous convenons que la situation canonique est loin d’être idéale et nous serions plus qu’heureux qu’ils soient reconnus canoniquement comme prélature personnelle.

      Comme le dit si bien M. l’abbé Barthe dans son article: « [la] FSSPX, déjà en pleine communion, n’est pas encore en pleine réconciliation. »

      http://www.hommenouveau.fr/1083/religion/la-fraternite-saint-pie-x-en-etat-de–reconciliation-imparfaite-.htm

      • Certes l’abbé Barthe est une bonne tête mais je ne sais pas si l’évolution du langage change grand chose vu que les mots sont conventionnels: si on dit que la fsspx est en communion pour marquer sa très grande proximité, et en fait plus proche du concile qu’un Mgr Gaillot par exemple (sauf que ce dernier dysfonctionne par omission plus que positivement) , ca ne veut pas dire qu’elle n’est pas en distantiation sous un angle ou l’autre.
        Ensuite Barthe étire: ce n’est pas parce que le st Siège n’utilise pas le mot communion que la fsspx est en pleine communion.
        Mais elle est plus en communion que ceux qui nourissent le complexe antiromain, que Kung, prototype de la génération défroquée, par exemple.

  3. Je ne comprend pas Mgr Rivest, même si je prie pour lui. Il est mal conseiller.

    Cette crispation n’a pas sa place dans l’Église.

    La FSSPX n’est pas l’Armée de Marie. Il y a toujours des négociations entre Rome et la FSSPX. Les portes ne sont pas complètement close même si la négociation est difficile.

    Mgr Rivest a émis un communiqué. C’est son droit. Mais il doit être à l’écoute des gens qui réclament la messe traditionnelle.

    À Montréal, il y a la FSSPX avec la messe traditionnelle. Il y a la messe traditionnelle avec la commuanuté St-Paul et le diocèse de Montréal vit bien parmi toute cette diversité. Il y a même le rite maronite, melkite à Montréal !

    Vive la diversité des rites avec le plus d’unité catholique !

    Prions pour l’unité de tous les catholiques romains.

  4. Notions Romaines, revenez nous avec ce sujet qui n’est pas banal.

    Tradinews (en fait, le Twitter de Tradinews en parle) donc le monde francophone en Europe et ailleurs en parle du Saguenay…

  5. J’apprécierais énormément les chiffres de l’assistance de la messe du 15 et des suivantes, avec le nombre des enfants de 16 ans et moins.

  6. 25 personnes hormis le prêtre, la chorale et le servant.

  7. Ping : Notions romaines | Première messe traditionnelle dans le diocèse de Chicoutimi pour le mouvement Tradition Saguenay

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