La presse locale salue les cinq ans du retour de la messe traditionnelle à Cadix

Messe traditionnelle célébrée à l'Oratoire Source: Diario de Cadiz

Messe traditionnelle célébrée à l’Oratoire
Source: Diario de Cadiz

[Traduction de notre correspondant à Rome, Guillaume Luyt]

Bien que l’Espagne soit (ait été ?) un pays de grande tradition catholique, la liturgie traditionnelle y est marginale. Il faut dire que le souffle du concile ne s’y est manifesté qu’après la chute de Franco, alors que l’attrait pour la réforme liturgique avait déjà commencé à pâtir de ses excès. Il n’y a donc pas en Espagne de mouvement de fidèles susceptible de porter activement et au niveau national le développement de la forme extraordinaire permis par le motu proprio Summorum Pontificum. Toutefois, grâce à l’action de petits groupes locaux et de courageux prêtres diocésains, la liturgie traditionnelle n’est plus tout à fait tabou. En témoigne le quotidien local de Cadix – El Diario de Cádiz – qui s’est intéressé récemment au cinquième anniversaire du retour de la messe traditionnelle dans la ville andalouse.

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Le premier dimanche de l’Avent 2009, un groupe de Gaditans [habitants de Cadix, ndlr] commença à faire célébrer la messe selon le rite préconciliaire. Le pape Benoît XVI avait permis que soit de nouveau célébrée cette forme liturgique et, après quelques tractations, l’évêque, Mgr Ceballos, acceptait de mettre à disposition d’Una Voce Cadix un prêtre (un chanoine de la cathédrale) et un lieu de culte (la chapelle Notre-Dame du Peuple) à cet effet.

Aujourd’hui, cinq ans plus tard, loin des difficultés occasionnées à l’époque par cette reprise de la messe en latin, un groupe de fidèles continue d’assister chaque dimanche à cette messe, désormais dite en l’Oratoire de saint Philippe Neri (13h30).

À l’heure actuelle, le bilan est positif « parce que nous avons permis à de nombreuses personnes nées après le concile de découvrir cette liturgie qu’ils ne connaissaient pas » témoigne Francisco Javier Barea, l’un des fidèles impliqué dans cette initiative. L’amélioration la plus notable survenue selon lui en ces cinq années est le changement de lieu de culte : « nous avons commencé dans la chapelle Notre-Dame du Peuple, un lieu d’une grande richesse artistique mais peu propice à la célébration de la liturgie traditionnelle ; puis nous sommes passés à Saint-Dominique où le recteur nous a accueillis parfaitement ; enfin, explique Barea, il y a quelques mois, l’évêque nous a invités à nous transférer à l’Oratoire, ce que nous avons pris pour une marque d’approbation » car la messe peut désormais être accompagnée à l’orgue, « ce qui est très rare à Cadix ».

Ce catholique ne cache pas que ce retour de la messe en latin à Cadix a suscité beaucoup de critiques à l’intérieur comme hors de l’Église : « nous les avons supportées avec patience parce que nous sommes convaincus du bien-fondé de ce que nous faisons et savons que, le plus souvent, ces critiques sont basées sur l’ignorance ». Avec le temps, il reconnaît d’ailleurs que les préjugés tombent. « La liturgie traditionnelle, fait-il valoir, est un trésor de l’Église et de la culture caractérisé par le sens de l’adoration et la méditation. Les qualités personnelles du prêtre n’y ont guère d’importance car tous les projecteurs y sont braqués sur Dieu ».

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