Ils l’ont défigurée! (Réflexions sur la communion dans la main)

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[Par notre contributeur, Louis Pasquerel. Original ici.]

Ils l’ont défigurée oui ! Mais qui ? Mais la Messe catholique bien sûr et principalement, la communion eucharistique ! Je me suis permis de faire un pastiche de Mgr Lefevbre et de son ouvrage, Ils l’ont découronné, pour rendre hommage à cet évêque sans qui nous n’aurions plus le trésor de la messe de Saint Pie V. Ca faisait longtemps que je réfléchissais à un article sur le sujet, surtout après la lecture de Mgr Schneider, Corpus Christi, à propos du drame, voire du sacrilège, qu’est la communion dans la main. Un sacrilège qui s’inscrit dans la crise moderniste de l’Eglise catholique.

Un excellent article du Chanoine Laurent Jestin de l’ICRSP, paru dans la revue Catholica cet automne, a retenu mon attention, notamment des citations de nos « amis » modernistes pour argumenter sur la mise en place de la communion dans la main.

La première est tout bonnement ridicule et émane de Denise Lamarche dans La messe en questions  qui souhaite revendiquer une foi adulte. Sainte Thérèse, plus grande sainte des temps modernes selon Saint Pie X, doit se retourner dans sa châsse, elle qui a prôné la Petite voie d’Enfance : 

Cette façon de communier [dans la main] a tellement plus de sens que de  la recevoir sur la langue. Ce sont les bébés que l’ont fait manger. Les adultes prennent eux-mêmes la nourriture qu’ils mangent.

Aurions-nous l’outrecuidance de rappeler à Mme Lamarche ce passage évangélique : « si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux » (Mt 18, 3) ?

Le Père Jean-Noël Bezançon et son livre La messe de tout le monde. Sans secret, ni sacré, ni ségrégation (tout un programme…) abondent dans le même sens :

« Prenez… », avait dit le Seigneur. Comment en est-on venu à cesser de prendre, pour recevoir le Pain de vie directement dans la bouche ?

On a envie de lui répondre de reprendre l’histoire de la liturgie catholique afin qu’il s’aperçoive que, dès le Vè siècle, la communion sur la langue est la norme donnée par Rome. Mais le modernisme n’en est plus à une ignorance près… Il argumentera plus loin avec la fameuse phrase de Saint Cyrille de Jérusalem qui, si on la prend en entier, révèle un rite bien bizarre et qui n’a du témoigner qu’au pire, d’un usage très local :

Le rite restauré (sic) est celui des Catéchèses de Jérusalem de 400, où les mains de l’homme sont présentées comme « un trône » pour accueillir la présence du Seigneur. De fait, les mains tendues par ces mendiants de Dieu donnent à lire toute une vie qui s’offre à la rencontre de son Dieu. Déposer l’hostie dans la main calleuse du travailleur ou celle de l’écolier  dont le feutre coloré n’est pas complètement effacé, mais bien plus encore sur l’alliance des époux, est un geste fort, bien dans la logique de l’Incarnation.

Mgr Schneider dira logiquement que nous plongeons en plein semi-arianisme eucharistique. Le plus grave est que cela provient d’une permission donnée par Rome en 1969 dans Memoriale Domini, s’intégrant dans le mouvement de désacralisation de la liturgie post-conciliaire et s’associant à la présentation de la messe comme repas et de la communion comme partage. On le voit donc bien, ce problème de forme est également un problème de fond, mais plus encore de foi ! Pour résoudre cette crise, Mgr Schneider propose une solution : le retour à une vraie révérence intérieure et extérieure envers le Saint-Sacrement est la condition nécessaire à un renouveau de l’Eglise.

Les plus grands réformateurs et les vrais évangélisateurs l’ont dit : le progrès spirituel de l’Eglise se mesure au respect et à la dévotion envers le sacrement de l’autel. (…) le Seigneur apportera à l’Eglise d’aujourd’hui les grâces particulières nécessaires au vrai renouveau appelé de leurs voeux par le bienheureux Jean XXIII et par les pères conciliaires seulement dans la mesure où il sera vénéré et aimé de façon visible, en particulier et surtout au moment de la Sainte Communion.

Il nous faut donc garder l’Espérance dans notre combat pour retrouver la dignité du Corps Eucharistique de Notre Seigneur Jésus-Christ.

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