Sermon du cardinal Burke lors du pèlerinage Summorum Pontificum maintenant disponible en français

Photo de Chris Owens

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Grâce à une traduction de Paix Liturgique, le sermon de Son Éminence, M. le cardinal Raymond Burke est maintenant disponible pour l’édification des fidèles. Ce sermon éminemment et authentiquement pastoral, nous rappelle le caractère pèlerin de notre vie, notre vraie finalité et nos vrais compagnons.

La messe latine traditionnelle, la sainte et glorieuse Mère de Dieu et le banquet céleste du Ciel sont d’autant de moyens, d’auxiliaires et de consolations pour que «nous [courions] avec endurance l’épreuve qui nous est proposée» (Hébreux 12:1b).

Voici le texte de la traduction de Paix Liturgique:

« SALVE SANCTA PARENS »
MISSA DE SANCTA MARIA IN SABBATO
COETUS INTERNATIONALIS SUMMORUM PONTIFICUM
BASILICA SANCTI PETRI IN VATICANO
XXV OCTOBRIS MMXIV

Sir  24, 14-16
Lc  11, 27-28

Vous avez quitté vos maisons et votre activité ordinaire pour venir en pèlerinage vers un lieu extraordinaire, le Siège de Pierre, motivés par votre gratitude envers le Seigneur pour le don le plus beau qu’il nous fait dans l’Église, celui de la Sainte Liturgie. Car c’est le successeur de Pierre qui a la responsabilité de préserver et de promouvoir ce don pour tout le troupeau répandu à travers le monde. Remerciez le Seigneur, de façon particulière, pour l’éternelle beauté de la forme traditionnelle des rites liturgiques de l’Église latine, de la « richesse de la liturgie romaine » que le pape Benoît XVI, par sa Lettre apostolique Summorum Pontificum, donnée motu proprio le 7 juillet 2007, « a rendu plus accessible à l’Église universelle » (1). Avec la messe pontificale célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain en cette magnifique Basilique érigée sur la tombe de saint Pierre, votre pèlerinage atteint son sommet.

Faisant mémoire de saint Pierre et implorant son intercession, nous honorons la cura animarum toute spéciale de ses successeurs, exprimée de la façon la plus noble et la plus entière dans la préservation et la promotion de la Sainte Liturgie. Dans sa Lettre apostolique Summorum Pontificum, le pape Benoît XVI nous a rappelé que « les Souverains Pontifes ont toujours veillé jusqu’à nos jours à ce que l’Église du Christ offre à la divine Majesté un culte digne, « à la louange et à la gloire de son nom » et « pour le bien de toute la sainte Église ». » (2)

Dans cette même Lettre apostolique, Benoît XVI a souligné de façon particulière l’exceptionnelle attention apportée à la liturgie par les papes saint Grégoire le Grand, saint Pie V et saint Jean-Paul II. Pour ma part, je tiens à rappeler aujourd’hui la contribution apportée, dans la continuité de celle de ces grands pontifes, par le pape Benoît XVI en matière de préservation et de promotion de la Sainte Liturgie comme expression la plus parfaite et la plus élevée de notre vie dans le Christ dans Sa Sainte Église.

Nous célébrons actuellement la Messe votive de la Sainte Vierge au Samedi, conscients que la Mère de Dieu toujours nous accompagne dans nos pèlerinages. Avec tout son amour maternel, Notre-Dame nous a accompagnés en ce Temple saint pour nous montrer la nature extraordinaire de notre vie ordinaire vécue dans le Christ grâce à la présence du Saint-Esprit dans nos âmes. Avec son amour maternel elle a voulu répondre à notre dévotion, nous conduisant à la rencontre vraiment extraordinaire de son divin Fils dans la communion en Son corps, Son sang, Son âme et Sa divinité. La Sainte Communion est la vraie et irremplaçable nourriture de notre pèlerinage terrestre dont la destination est la vie éternelle en présence de Dieu – Père, Fils et Saint-Esprit –, en communion avec les anges et avec les saints. Dans chaque pieux pèlerinage que nous accomplissons sur terre nous découvrons chaque fois un peu plus notre identité profonde de pèlerins et nous bénéficions d’un avant-goût du Banquet des noces de l’Agneau (3), terme de notre pèlerinage terrestre.

Le Seigneur a permis que Sa mère, comme la Sagesse louée dans le livre du Siracide, demeure en tout lieu saint, qui est uni à Jérusalem, la Cité bien-aimée du Seigneur, pour servir « devant Lui », dispensant ses nombreuses grâces de vérité et de lumière aux pèlerins (4). En cette « maison sainte », suivant l’exemple de la Mère de Dieu et implorant son intercession, nous découvrons que notre seul « partage », notre seul « héritage » c’est le Seigneur vivant pour nous dans l’Église et que notre demeure permanente se trouve au milieu d’un peuple saint, dans « l’assemblée de tous les saints ». (5)

En pèlerinage pour célébrer le grand don de la Sainte Liturgie, nous comprenons toujours mieux le sens profond des paroles du Seigneur dans l’évangile. Quand « une femme au milieu de la foule » qui écoutait Son enseignement «  éleva la voix  » pour louer Sa mère, « les entrailles qui [L’] ont porté, et le sein qui [L’] a allaité », le Seigneur indiqua la vraie source de la béatitude de Sa mère, à savoir sa parfaite obéissance à la Loi de Dieu à laquelle elle avait été préparée en vue de devenir Sa mère. Le Seigneur déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (6). En ce pèlerinage, la Mère de Dieu nous invite à imiter son obéissance, de sorte que le Seigneur puisse purifier nos cœurs des affections désordonnées qui nous conduiraient au péché et à la mort tout en les enflammant de l’amour de Sa Loi qui nous mène à une vie vertueuse et à la vie éternelle.

Pèlerins en compagnie de l’éminente Mère de Dieu, nous prions, par son intercession, afin d’obtenir la grâce de l’imiter, offrant entièrement nos cœurs au Christ, en particulier par notre fidèle participation à la Sainte Liturgie, source de la sagesse et de la force divines dont nous avons besoin pour suivre le Christ de tout notre cœur. Reposant notre cœur, uni au Cœur Immaculé de Marie, dans le Très Saint Cœur de Jésus par notre culte à Dieu le Père, nous offrons à Dieu l’amour pur et désintéressé par lequel Il nous a, en premier, aimés. Nous reconnaissons notre unique « héritage » dans le Cœur de Jésus et nous demeurons fermes sur le chemin qui nous mène aux demeures éternelles « au milieu du peuple glorifié » (7), dans l’assemblée de tous les saints, au Banquet des Noces de l’Agneau.

Unis au Cœur Immaculé de Marie, élevons maintenant nos cœurs vers le glorieux Cœur transpercé de Jésus. Rassemblés dans le Cœur de Jésus, unissons-nous à Lui dans le sacrifice eucharistique qu’Il nous offre maintenant. Instruits à l’école de Marie, notre Mère, offrons avec le Christ toute notre vie à Dieu le Père, par un amour pur et désintéressé. Prions afin que, grâce à notre pèlerinage d’aujourd’hui, notre Bienheureuse Mère nous aide à répondre chaque jour à l’invitation que nous fait Jésus de Lui offrir nos cœurs et d’arriver, avec Lui, à notre demeure éternelle dans les cieux.

Cœur de Jésus, maison de Dieu et porte du Ciel, ayez pitié de nous !
Ô Marie Immaculée, Mère de la Divine Grâce, priez pour nous !
Saint Pierre, Prince des Apôtres, priez pour nous !

Raymond Leo Cardinal BURKE

(1) Instruction Universae Ecclesiae, §1
(2) « Summorum Pontificum cura ad hoc tempus usque semper fuit, ut Christi Ecclesia Divinae Maiestati cultum dignum offerret, « ad laudem et gloriam nominis Sui » et « ad utilitatem totius Ecclesiae Suae sanctae ». » Benedictus PP. XVI, Epistula Summorum Pontificum, “De usu extraordinario antiquae formae Ritus Romani”, 7 Iulii 2007, Acta Apostolicae Sedis 99 (2007)
(3) Cf. Ap 19, 7.
(4) Sir 24, 14-15.
(5) Sir 24, 16.
(6) Lc 11, 27-28.
(7) Sir 24, 16.

 

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