Pièce de théâtre blasphématoire envers la BVM à la Bordée: «Les Fées ont soifs»

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Merci à un de nos lecteurs qui nous a pointé vers cette nouvelle. En effet, le Théâtre de la Bordée a mis à son horaire des représentations d’une pièce de théâtre blasphématoire envers la Bienheureuse Vierge Marie et sainte Marie-Madeleine.

La Bordée évoque la liberté d’expression avec le cynisme habituel du libéralisme condescendant: «une prise de parole résolument féministe», tout en mentionnant avec un plaisir certain la controverse suscitée par la première représentation en 1978, pour exprimer la projection de la frustration féministe sur la BVM. Ils omettent bien sûr de rappeler la grande foi qui soutint la BVM, son obéissance (qui est une véritable libération de l’esclavage du culte de l’apparence et de l’hédonisme contemporains) et son rôle maternel envers les fidèles (à quoi bon dans une société qui voit la maternité comme «un autre projet», facilement rejetable via l’avortement).

La charité nous presse de dénoncer le caractère hautement inapproprié de cette représentation de l’Immaculée Mère de Dieu et de cette femme régénérée qu’était sainte Marie-Madeleine. Le passé d’un pécheur ne peut être utilisé pour justifier l’hédonisme contemporain, ni même peut-on apposer ces cris de ralliements féministes à la BVM. Il va sans dire que tout bon catholique ne saurait cautionner une telle représentation théâtrale en y assistant. Faisons réparation au Cœur Immaculé de Marie pour cette insulte à la Reine du Ciel.

Les Fées ont soif, oui peut-être, mais de justice; rendez leur donc justice en mettant en scène leurs véritables motifs, leur véritable foi. Sinon, mettez en scène ces faux dieux grecs, jaloux et vaniteux; ils ressemblent assez aux contemporains.

Voici un descriptif de la pièce tiré sur le site du Théâtre de la Bordée:

16 septembre au 11 octobre 2014

Représentations à 19h30 (Excepté le mardi 30 septembre à 13h)


La Statue, Marie et Madeleine. Trois femmes qui se sentent prisonnières des rôles auxquels on les a confinées au fil des siècles. Trois femmes qui crient leur frustration, leur rancœur, leur aliénation. Trois femmes qui unissent leurs voix pour clamer leur individualité, leur identité, leur liberté.

Cette œuvre phare de Denise Boucher avait provoqué la polémique lors de sa création en 1978 et n’a jamais été rejouée sur une scène professionnelle au Québec depuis. Un propos qui suscitera certainement les débats… Les fées ont-elles encore soif en 2014 ?!


Auteure : Denise Boucher
Mise en scène : Alexandre Fecteau
Assistance à la mise en scène : Josée Lachapelle


Distribution

Lise Castonguay
Lorraine Côté
Marie-Ginette Guay


Conception

Décor : Vano Hotton
Costumes : Élène Pearson
Lumières : Laurent Routhier/Projet Blanc


Un peu d’histoire…

Célèbre pour la vive polémique qu’elle a provoquée au sein de la droite catholique lors de sa création en 1978, qui la jugeait blasphématoire envers la Vierge, Les Fées ont soif de Denise Boucher est une prise de parole résolument féministe, qui dénonce la place réservée aux femmes dans la société et les archétypes auxquels on les confine; la mère (Marie), la Vierge (La Statue) et la Putain (Madeleine).

Lors de sa création, le Conseil des arts de la région de Montréal refuse de subventionner la pièce présentée par le Théâtre du Nouveau Monde, car son comité de lecture juge son texte « irrecevable ». Le milieu théâtral crie à la censure. Mais Jean-Louis Roux, alors directeur artistique du TNM, va de l’avant et maintient la pièce à sa programmation. En signe d’appui, un « Mouvement pour les fées ont soif », composé d’artistes, de femmes, d’éditeurs, de professeurs, de syndicats, etc., s’organise. Pendant ce temps, les groupes catholiques multiplient les manifestations et tentent en vain d’interdire la présentation des Fées ont soif. Ils réussissent toutefois à obtenir une injonction temporaire de la Cour pour suspendre la publication et la diffusion du texte. La pièce connaîtra un vif succès auprès du public et sera bien reçue par les critiques. Il s’agit de la dernière œuvre ayant fait l’objet de censure au Québec.

Les Fées ont soif n’a jamais été rejouée sur une scène professionnelle québécoise depuis sa création. Cette pièce-manifeste est aujourd’hui considérée comme une œuvre phare dans l’histoire de la dramaturgie québécoise.

Plus de 35 ans plus tard, le Théâtre de la Bordée produit à nouveau la pièce et fait le pari que son propos trouve encore des échos aujourd’hui. Lise Castonguay, Lorraine Côté et Marie-Ginette Guay interprèteront ses trois femmes qui unissent leurs voix pour clamer leur liberté et leur identité, dans une mise en scène actuelle et éclatée signée Alexandre Fecteau.

 

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8 réflexions sur “Pièce de théâtre blasphématoire envers la BVM à la Bordée: «Les Fées ont soifs»

  1. Intéressant débat.

    Cette pièce peut en effet choquer par ces excès antireligieux et sa vulgate très vulgaire, son joual digne des années 70. Cependant allons plus loin pour la réflexion. Est-ce que l’on devrait en 2014 (de surplus au Québec !) interdire cette pièce de théâtre ? Je ne pense pas. Allons encore plus loin.

    Est-ce que l’on devrait aussi interdire toute pièce de théâtre sur Mahomet au Québec ? L’avenir est-il si sombre pour maintenir les bonnes mœurs et de possibles réaction violente ?

    Est-ce que l’on devrait interdire de faire et de présenter une pièce de théâtre sur la « religion raélienne » ? Est-ce que l’on aurait dû interdire les représentations des humoristes anticléricales Les Cyniques au Québec ?

    Revenons en arrière. En 1979, l’avocat excessif de l’époque qui s’opposait à cette pièce de théâtre, Maître Émile Colas adressait une missive au Ministère de la Justice du Québec dans laquelle il menaçait la paix sociale et laissait planer la possibilité d’une réaction violente si justice n’est pas rendue: « Puisqu’ils -les tribunaux- semblent momentanément fermés pour entendre de tels litiges, devront-nous voir ces mêmes groupes dissidents s’affronter les armes à la mains et mettre en danger la sécurité et la liberté des citoyens ? »

    Voir: Dictionnaire de la censure au Québec: littérature et cinéma

    http://books.google.ca/books?id=kpPCydTC8IwC&pg=PA263&lpg=PA263&dq=les+f%C3%A9es+ont+soif+tradition+famille+propri%C3%A9t%C3%A9&source=bl&ots=0WGIEmnJ0g&sig=qaGe6mr5sULPOIJ6PdqBUL6gcwo&hl=fr&sa=X&ei=AxjyU_y2Mor9yQSzooGQDw&ved=0CB4Q6AEwAA#v=onepage&q=les%20f%C3%A9es%20ont%20soif%20tradition%20famille%20propri%C3%A9t%C3%A9&f=false

    Votre site doit répondre sur ce principe. Si on interdit à l’un, on doit interdire à d’autres groupes religieux (ou pseudo-religieux). C’est une question de principe …et d’équité dans une démocratie libérale.
    ————–

    Ceci dit, on peut critiquer cette pièce de théâtre « féministe-anticlérical » et la déconstruire pour créer si c’est possible une contrepièce de théâtre entièrement catholique ! Pourquoi pas ! C’est ça la liberté d’expression en 2014 !

    • Le problème est que les autres groupes religieux ne sont pas de vraies religions. Il faut éviter l’indifférentisme. Saint Thomas d’Aquin a démontré la fausseté de l’islam.

      Notez que dans cette démocratie dirigée par le laïcisme, la solution ne réside pas en interdire cette pièce, vous avez raison. Il serait absurde de le faire; pas sur le fond, mais sur la forme, car le Québec n’est pas un état catholique. Il faut faire réparation, c’est tout ce que nous pouvons faire.

  2. Produire une pièce de théâtre catholique en réponse aux Fées ont soifs serait une excellente méthode de salubrité. C’est plus intelligent !

    Un Paul Claudel au féminin ?

  3. Une nouvelle génération de jeunes créateurs qui peuvent parler intelligemment de leur foi PAR UNE PIÈCE DE THÉÂTRE ?

    Pourquoi pas ! Je suis confiant dans les nouvelles générations !

  4. Nous ne sommes plus en 1978. Je veux dire, il pouvait y avoir un succès de scnadale à l’époque, et un sentiment de transgression et de rupture avec un passé encore assez proche, renforéc par la réaction de quelques catholiques (justement) ulcérés. Mais la voie judiciaire que ces laics empruntèrent alors (car les évêques, si je me rappelle bien, s’abstinrent de commenter) était devenue anachronique; comme s’ils ne s’étianet pas encore aperçus que Duplessis étiat mort depuis 20 ans. D’un point de vue humain, comptons que la singification historiquement dépassée de cette pièce va laisser à découvert sa très relative valeur artistique, et ne fournissons pas à ces gens sur un plateau d,argent un prétexte pour soutenir que la grande noriceur n’est pas complètement terrassée…. Vous vous souvenez du film Da Vinci Code? Beaucoup s’inquiétaient avant sa sortie et quelques uns parlaient de manifestations publiques d’opposition devant les cinémans… Heureusement il n’en fut rien, et le film est tombé de lui-même dans l’insignifiance et le ridicule parce que les critiques l’ont trouvé mauvais, tout simplement. Nos ennemis ne sont pas toujours des gens brillants…

  5. Sainte Marie-Madeleine n’a jamais été une « putain ». Si tel avait été le cas, nous n’aurions pas son identité (cas par exemple de la « femme adultère »).

    Elle avait vécu avec un officier romain. Les Romains ne faisaient pas vraiment la différence entre le concubinage et le mariage. De plus, elle était très riche, or les prostituées sont presque toujours des femmes pauvres, voire miséreuses. Demi-sœur de sainte Marthe et de saint Lazare leur père commun était un juif haut fonctionnaire romain remarié après la mort de sa première femme, une juive (la mère de sainte Marthe et de saint Lazare ne l’était pas). Son péché paraissait particulièrement grand aux Juifs pieux car, elle, Juive de la race d’Abraham, avait livré son corps à un adorateur d’idoles. Elle vivait avec un type qui se prosternait devant des images faites de bois et de pierre ! Quelle honte ! quel scandale !

    Les Juifs, eux, faisaient la différence entre le mariage et le concubinage. Le mariage était une cérémonie.

    Je tire tout cela du récit de Mgr Gaume.

    Je trouve ce récit bien plus vraisemblable, car il reste que selon l’évangile elle était la sœur de saint Lazare et de saint Marthe, gens riches. Il donc vraisemblable qu’ils fréquentant les gens riches, la haute société probablement mixte (Romains-Juifs) de l’époque et du lieux.

    Quant à la Sainte Vierge avant d’être vierge et mère, elle était avant tout celle qui avait cru.

    C’est ce que proclame sainte Élisabeth mue par l’Esprit-Saint

    « 45 Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    http://www.aelf.org/bible-liturgie/Lc/Evangile+de+J%C3%A9sus-Christ+selon+saint+Luc

    Bref, cette pièce a tout faux. Elle repose sur des sables mouvants.

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