À la défense du pape Benoît XVI et de la messe traditionnelle

well-done

Un des plus grands héritages de Benoît XVI fut l’émancipation de la messe traditionnelle et ainsi la restauration de la beauté au monde entier

[Par M. Michael Brendan Dougherty]

Il y a douze étés, j’entrai dans une petite église poussiéreuse dans un quartier polonais à Poughkeepsie, New York, que les Polonais avaient abandonné il y a très longtemps. C’était à environ 45 minutes de voiture de chez moi. Le vieil maître-autel en bois et le sanctuaire dans lequel il se trouvait n’avaient pas été rénovés, car étant classés trop historiquement importants par l’état de New York, pour endurer les changements à la mode dans les années 60, 70 et 80 en architecture ecclésiastique. Les gens de la place étaient un groupe hargneux, endurcis par les années de luttes entre leurs propres évêques et leurs prêtres. Certains furent rendus saints par ces luttes. D’autres étaient des conspirationnistes grognons. Quelques uns semblaient être au-dessus de tout cela. Je regardai les femmes, jeunes et vieilles, ajuster leurs mantilles sur leurs têtes et prier sotto voce. Je m’émerveillai au pieux silence des enfants. Quelques amateurs entonnèrent les chants grégoriens du jour alors que le prêtre offrit silencieusement et efficacement la vielle messe latine.

Il y a sept ans de cela cette semaine, le pape Benoît XVI m’offrait le soulagement de ma vie. Il déclara que ce que nous faisions était légal. Il affirma ce que nous nous disions alors que l’on nous chassait de cette paroisse, que cette forme du culte n’avait jamais été abolie et qu’elle ne devrait jamais l’être.  En cette date très annonciatrice du 7 juillet 2007 [07/07/07], Benoît XVI promulgua le document de Summorum pontificum qui émancipait cette Messe. En faisant cela, il établissait son héritage en tant que brave pape. Il rendit aussi un grand service à la culture et aux arts, au monde entier – même aux non-croyants.

Pourquoi cela importe-t-il aux non-croyants? Parce que la beauté est importante pour tous. En 1971, Agatha Christie, une non-catholique, était tellement effarée de la disparition de la messe traditionnelle et de l’effet que cela aurait sur la culture britannique qu’elle signa une pétition au pape Paul VI pour garder cette messe vivante. Un extrait de la pétition se lisait comme suit : 

Le rite en question, avec son texte latin magnifique, a aussi inspiré de nombreux accomplissements dans les arts; non seulement des ouvrages mystiques, mais des ouvrages de poètes, de philosophes, de musiciens, d’architectes, de peintres et de sculpteurs de tous les pays et de toutes les époques. Ainsi donc, ce rite appartient à la culture universelle aussi bien qu’aux hommes d’Église et aux chrétiens en tant que tel.

Grâce à l’intervention de Benoît XVI, ma propre paroisse à Norwalk au Connecticut est non seulement choyée par du chant grégorien, mais aussi par des motets de la Renaissance et par des Messes composées par Morales et Monteverdi. C’est un grave crime esthétique que tant d’églises modernes continuent d’imposer des hymnes sirupeux et théologiquement insipides comme «Me voici, Seigneur» [en anglais Here I am, Lord] à leurs gens tout en laissant l’Ave Verum Corpus de William Byrd dans grenier poussiéreux.

Summorum n’arriva pas à temps pour sauver la communauté de Poughkeepsie. Dans l’archidiocèse de New York, dirigé alors par le cardinal Edward Egan, le crime de dire cette Messe et de publier des pamphlets en sa faveur était traité comme un crime bien plus sérieux et scandaleux que la pédérastie cléricale. Le cardinal Egan suspendit mon prêtre à Poughkeepsie et l’a effectivement exilé de la vie de l’Église. Des prêtres qui connaissaient la situation observaient lugubrement que si ce prêtre avait violé des enfants à la place de dire cette Messe, sa carrière n’en aurait pas autant souffert.

Le motus operandi d’alors était que ces gens de la messe traditionnelle, «les fous» comme ils étaient appelés par le bureau de l’Archevêque, devaient être contenus à Sainte-Agnès à Manhattan ou dans quelques paroisse obscures le long du fleuve Hudson. Egan jubilait de voir que la paroisse de Poughkeepsie fut fermée et que la bâtisse fut vendue. Il nous ratura comme l’on biffe une erreur d’écriture.

L’intervention de Benoît XVI exhorta les évêques à accommoder le plus possible des communautés comme la nôtre. Il assit cette demande avec un solide principe religieux en écrivant : «Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste».TLM-Two

La croissance de ce mouvement au sein de l’Église a été phénoménale. En 1988, il y avait 20 messes traditionnelles avec un horaire régulier et avec une approbation diocésaine aux États-Unis. Après Summorum pontificum, il y en a maintenant plus de 500. De par la croissance du mouvement pour restaurer la beauté et la solennité au culte, celui-ci devient de plus en plus commun et diversifié et il me semble moins hargneux et intimidant qu’il y a une décennie de cela.

L’intervention de Benoît XVI ne fut pas parfaite. Sa tentative intellectuelle pour prévenir de la critique le Concile et la nouvelle Messe avec une «herméneutique de la continuité» fut un noble échec. Si le Concile avait voulu la continuité, pourquoi a-t-il soumis, dans ses documents, chaque aspect du culte catholique à une possible révision? Pourquoi le Concile fut-il rapidement suivi par la pire convulsion iconoclaste de l’histoire de l’Église – la destruction des autels, des images, des statues – et une révision précipitée de presque tous les aspects de la vie catholique?

Un étudiant de première année en études religieuses reconnaîtrait que changer l’acte central du culte d’une religion  – altérer ses fondements, modifier tous ses aspects physiques et verbaux – n’est pas seulement une «mise à jour» ou un signe de développement organique et de maturation, mais bien un mélange de vandalisme et de révolution.  Même aujourd’hui, alors que de plus en plus de jeunes familles s’attachent au rite ancien, les apologistes d’arrière-garde des années 60 insistent sur une critique de la messe traditionnelle datant des années 30 qui n’est pas parlante pour l’homme moderne. Mais cela est un autre article triste. Heureusement, il y a de cela sept ans, le pape calomnié et incompris que fut Benoît XVI posa ce geste généreux à ces fidèles assiégés de la messe traditionnelle. Ce geste donna les moyens à un mouvement au sein de l’Église qui ramènera la beauté non seulement au sanctuaire, mais aussi au monde entier.

Source : The Week
Traduction : Notions romaines

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5 réflexions sur “À la défense du pape Benoît XVI et de la messe traditionnelle

  1. Toutes ces péripéties et ces efforts pour restaurer le messe de Saint-Pie V laisse un goût amer pour ceux de mon âge qui ont été élevés dans la liturgie classique de toujours et dans le grégorien.
    Quand le faux pape Paul Vi s’est présenté en 1968 avec son NOvus ORDO et qu’il a fait disparaître la messe tridentide,la masse des catholiques a suivi comme des moutons cette « nouvelle« messe,car ils n,avaient aucune formation théologiques et liturgique pour la mettre en cause.. Malgré l’avertissement de plusieurs cardinaux qui mettaient en cause la validité même de cette trouvaille qui n’était rien d,autre qu’une messe PROTESTANTE remaniée par des pasteurs protestants présents au concile.
    La Fraternité S.Pie X a sauté sur l’occasion pour mener sa lutte contre Vatican II,espérant que celui-ci reculerait devant tant de protestations et toutes les messes sacrilèges qui se disaient n’importe comment dans toutes les parties du monde.
    Paul VI a continuer de foncer comme un forcené,jusqu’à ce qu’il s,aperçoivent que « la fumée de Satan avit pénétrer par quelques fissures dans l’Église«  (1968)
    Et nous voilà ,,catholiques,,après près de cinquante ans après un
    concile caractérisé par des hérésies flagrantes,des apostasies évidentes d’au moins trois (papes ?)à nous demander si la liturgie centrale de notre foi, LE SAINT SACRIFICE DE LA MESSE sera restaurée.
    Des révolutionnaires ont voulu une révolution dans l’Église,dirigée par la maçonnerie;et ils l’ont réussi. La structure et la hiérarchie de l’Église de Rome « dite«  catholique,n’a de catholique que le nom. La réalité derrière ce nom qui a enseigné la Vérité durant près de 20 siècles,n’a plus d’autorité légitime; 100,000 de ses prêtres l’ont quitté en quinze ans. Des chrétientés solides en 1950 sont presque disparues. À peine 7 % des pratiquants vont à l’Église au Québec;et encore,ce sont toutes des têtes blanches de 60 ans et plus. La jeunesse ne sait plus l’A_B_C du Crédo catholique. Et les autorités vaticanes refusent de voir la cause de ce marasme sans précédent dans l’Histoire de l’Église. Tant que tous ces mercenaires qui tiennent liée l’Église n,en auront pas été chassés par ce qui reste de vrais catholiques,il n’y a pas d’espoir de redressement….À moin que Jésus lui-même par un acte de sa toute puissance ne vienne LUI_MÊME mettre fin à c e désastre.
    « RESTE AVEC NOUS SEIGNEUR,LE SOIR TOMBE ET IL SE FAIT TARD.« 
    CÉCILIEN 1-SEPT 2014

    • L’Eglise, à l’époque, n’était pas dirigée par des Francs-maçons. Le blâme leur revient sûrement pour avoir pris le contrôle du Concile, soit. Mais je serais très critique, voire même plus qu’avec les Francs-maçons, envers les Pères conciliaires traditionnels et fidèles qui se sont tus et dont une minorité s’est organisée bien trop tard. Ces cardinaux qui dénonçaient la nouvelle messe que vous mentionnez, nul d’entre eux n’a organisé quoi que se soit, ils n’ont que peu résisté, etc. Alors la faute de la dégringolade nous appartient à tous et le devoir de restauration aussi. Avec patience, avec labeur, il faut être bien catéchisé, connaître ses droits et le droit liturgique et l’exiger pour rénover l’acte central de l’Eglise, le Saint Sacrifice de la Messe.

      • À Urbain IX,
        L’investissement de l’Église catholique par la maçonnerie a commencé bien avant le concile. Une foule d’ouvrages avec de solides références établissent que cette invasion était en marche dès après la révolution française.Mgr de Lassus a beaucoup écrit sur ce phénomène. La synagogue de Satan a tenté à plusieurs reprises de faire élire un des siens (un marane) à la tête de l’Église,sans succès. Vous devriez savoir que Jean-Paul II avait une juive comme maman et donc qu’il pouvait se réclamer juif selon la tradition juive. La juiverie se transmet par les femmes et non par les hommes. Ce qui expliquerait ses amitiés de jeunesse avec les juifs de sa petite ville..Vers la fin des années 1870,le cardinal Rampolla (maçon d’un haut grade¨)secrétaire d’État de Léon XIII se dirigeait droit vers la papauté quand il fut stoppé durant le conclave par un délégué non religieux de la maison d’Autriche qui le dénonça en plein conclave pour l’empêcher d’accéder à cette importante fonction.` Bien à vous .Cécilien

      • Jamais nous saurons la vraie histoire Rampolla à savoir la raison derrière le veto austro-hongrois (plusieurs théories existent sur le sujet) et c’est tout au désavantage de Léon XIII d’avoir eu un tel secrétaire d’état. Certains historiens avancent que les chances de Rampolla étaient minces. Bien sûr que l’Église a été investie par les Francs-maçons, Elle l’était aussi à l’époque. Mais la résistance héroïque de S. Pie X ne fut pas reproduite au Concile; Mgr Lefebvre, les cardinaux Ottaviani et Ruffini signèrent les documents conciliaires.

        Pour ce qui est de Jean-Paul II, qu’il eut été juif ou non cela n’a aucune espèce d’importance de par son baptême catholique. S. Paul le dit très clairement dans les Écritures (voir Galates 3: 28). Rappelez-vous l’histoire de ce prêtre sataniste de Naples au XIXe siècle qui se convertit au catholicisme. Le baptême (pour le converti) et la confession (pour le reconverti) efface la souillure du péché peu importe ce que l’on a été dans sa vie antérieure.

  2. À Urbain IX,
    Pour ne pas prolonger indûment ce propos,sachez que les maranes même baptisés,confirnés et parfois prêtres continuaient à pratiquer le judaïsme en secret. L’église a tout essayé pour s’assurer que leur conversion au catholicisme était sincère,mais en vain; Ils n’étaient pas fiables ni sincères.
    D’ailleurs,cela ne devrait pas vous surprendre puisque le défunt cardinal de Paris,de naissance juive,Jean-marie Lustiger,ne craignait pas d’affirmer « je suis juif dans mon coeur et malgré mon baptème chrétien,je reste juif« : ce qui est une contradiction dans les termes et dans l’essence même des deux religions.
    J’arrête avant de recevoir le traitement habituel réservé à ceux qui osent dire quelque chose contre « les ennemis du Christ« .
    Au revoir, Cécilien

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