Le Préfet de la CDF dénonce l’hétérodoxie de la LCWR

Leadership Conference of Women Religious (LCWR) ou Conférence religieuse canadienne (pour le Canada)

Leadership Conference of Women Religious (LCWR) ou Conférence religieuse canadienne (pour le Canada)

Dans un étrange exercice d’acrobatie langagière, passant d’un vocabulaire flatteur et affecté à une franchise étonnante en ces jours de «dialogue», le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (CDF), le cardinal Gerhard Ludwig Müller, a dénoncé le manque de coopération de la Leadership Conference of Women Religious (LCWR). La LCWR des États-Unis est une association regroupant la majorité des religieuses américaines au sein d’une organisation depuis longtemps connue pour sa désobéissance et sa promotion d’hérésie. Le pendant canadien de la LCWR est la Conférence religieuse canadienne; un terreau fertile d’hétérodoxie libérale au sein de nombreux ordres religieux décadents.

Les dirigeants de la CDF ont rencontré le 30 avril dernier ceux de la LCWR à Rome. Les remarques faites par le Préfet de la CDF ont été publiées en anglais sur le site de la sacrée Congrégation. Le cardinal Müller, qui a des liens connus avec le fondateur de la théologie de la libération, a utilisé un discours diplomate affecté pour enfin dénoncer la propagation et la promotion d’erreurs et de théologiens dissidents au sein de la LCWR. Ces remarques du cardinal Müller sont données dans un contexte où la LCWR est placée sous une évaluation doctrinale conduite par un délégué nommé par Rome.

Voici quelques extraits que nous avons traduits:

«Il me chagrine d’apprendre que vous avez décidé lors de l’assemblée de cette année d’offrir le prix de leadership exceptionnel à une théologienne critiquée par les évêques des États-Unis à cause de la gravité des erreurs doctrinales de ses écrits. C’est une décision qui passera plutôt comme une provocation à l’endroit du Saint-Siège et de l’évaluation doctrinale. Non seulement cela, mais cette action élargie aussi le fossé entre la LCWR et les évêques [américains].

Je réalise bien que je parle de manière plutôt franche à ce sujet, mais je parle ainsi car il n’y a pas d’autres cadres interprétatifs, autant au sein même de l’Église qu’à l’extérieur de celle-ci, à travers lesquels la remise de ce prix ne sera pas appréhendée. Je crois comprendre que Mgr l’archevêque Sartain ne fut informé de la sélection de la lauréate qu’après que la décision fut prise. S’il avait été impliqué dans la conversation comme le Mandat l’envisage, je suis persuadé qu’il aurait apporté un élément important au discernement qui alors aurait pu prendre une direction différente. La décision prise par la LCWR durant l’implémentation toujours en cours de l’évaluation doctrinale est en effet regrettable et démontre clairement la nécessité de cette provision du Mandat à l’effet que les présentateurs et les conférenciers lors d’événements majeurs soient sujets à l’approbation du délégué. Je dois donc vous informez que cette provision doit être considérée comme ayant plein effet. Je comprends bien que la sélection de la lauréate fait partie d’un processus, mais ce cas-ci suggère que le processus même a besoin d’être réexaminé. […]

Laissez-moi répondre à la seconde objection, à savoir que les conclusions de l’évaluation doctrinale ne soient pas étayées. La phrase la plus citée dans l’évaluation doctrinale comme allant trop loin et étant non-étayée est que les religieuses doivent aller au-delà ou dépasser l’Église, voire dépasser Jésus. Oui, c’est un langage dur et je peux imaginer que cela sonne sévère aux oreilles de milliers de religieuses fidèles. Je le regrette, car la dernière chose au monde que la Congrégation voudrait faire serait de questionner le témoignage éloquent, voire prophétique de tant de religieuses fidèles. Mais encore, les problèmes soulevés dans l’évaluation sont si centraux, si fondamentaux qu’ils n’y a pas d’autres moyens de les discuter qu’en ne constituant un mouvement s’éloignant du centre ecclésial de la foi en Jésus-Christ, le Seigneur.

Depuis les quelques dernières années, la Congrégation a suivi avec une inquiétude grandissante l’accent mis par la LCWR sur le concept d’évolution consciente [Conscious Evolution]. Depuis que Barbara Marx Hubbard s’adressa à l’Assemblée sur le sujet, il y a deux ans, tous les numéros de votre bulletin d’information ont traité d’évolution consciente d’une manière ou d’une autre. Des numéros d’Occasional Papers y furent consacrés. Nous avons vu certains instituts religieux modifier leur énoncé de mission pour incorporer des concepts et des termes empruntés à l’évolution consciente.

Encore une fois, je m’excuse si c’est un peu tranchant, mais ce que j’ai à dire est trop important pour qu’il ne soit embelli d’un langage fleuri. Les thèses fondamentales de l’évolution consciente sont opposées à la Révélation chrétienne et quand elles sont prises sans réflexion, mènent presque forcément à des erreurs fondamentales quant à l’omnipotence de Dieu, l’Incarnation du Christ, la réalité du péché originel, la nécessité du salut et la nature définitive de l’action salvifique du Christ dans le Mystère pascal. […]»

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